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    MON AVIS, CELUI D’UN KINÉ ET D’UN MÉDECIN SUR COMPEX


    La marque m’a proposé de tester (sans être sponsorisée) un de leur produit. J’ai accepté car je les voyais beaucoup sur les réseaux et j’étais très curieuse.

    L’utilisation lors de ma préparation pour l’Ironman de Nice pouvait être un très bon test sur du long terme. J’ai la chance d’être entourée de professionnels de santé compétents pour m’aider à vous faire un retour interessant de ce produit. C’est parti !

    J’ai choisi de tester l’appareil COMPEX SP 6.0.

    « Faut il les mettre à chaque entrainement ? »

    Personnellement, je ne les mettais pas après chaque entrainement mais plutôt après de grosses séances. Les footings de récupération, je ne sentais pas le besoin de rajouter du compex ensuite.

    « Que penses tu de l’utilisation de Compex pour développer la masse musculaire ? »

    Je te laisse lire les avis des professionnels de santé juste en dessous, je n’ai pas utilisé COMPEX dans ce but là 🙂.

    « Est ce que c’est révolutionnaire/indispensable Compex pour toi ? »

    J’ai ressenti un effet positif pour ma récupération. Par contre je ne pense pas que ce soit indispensable, c’est un plus !

    « Tu utilises Compex au feeling ou tu suis un programme spécifique ? »

    J’utilise COMPEX au feeling mais pour bien le placer j’utilisais le livret fourni avec l’appareil et demandait des conseils à mon kiné.

    L’AVIS D’UN KINÉSITHÉRAPEUTHE

    « De mon point de vue, il n’y a pas de bons ou mauvais outils, surtout une bonne et mauvaise manière de les utiliser. 

    Mais déjà cest quoi « l’électrotherapie ? » 

    Pour faire « simple » – et que vous puissez un peu étaler vos connaissances au prochain apéro – c’est un courant excito-moteur alternatif qui stimule la contraction des muscles. Grâce à un petit appareil, des points spécifiques du corps sont stimulés, et pour 2 champs d’applications. 

    D’une part; sur un versant que l’on appellera de stimulation, à visée de renforcement musculaire. L’autre, à visée de récupération ou purement antalgique afin de diminuer la douleur d’une zone donnée. 

    Concernant Margot et sa prépa, l’utilisation de ce boîtier était majoritairement à visée de récupération, notemment sur les grosses séances ; et lors de pépins techniques, plutôt à visée thérapeutique (j’entend par la dans un but de faciliter-favoriser la « guérison » du muscle lésé et de diminuer la douleur induite par la blessure). 

    D’un point de vue scientifique, la stimulation induite favorise d’une part le retour veineux par alternance de contraction et de relâchement du muscles, donnant un effet de « pompe musculaire », permettant alors une meilleure élimination des métabolites. Le second effet recherché est le phénomène de capillarisation (les capillaires sont les petits vaisseaux qui traversent tous les muscles, de la superficie a la profondeur), leur activation permet une amélioration la micro circulation au sein du muscle, et donc une meilleure récupération de celui-ci. Un des derniers effets consiste à un relâchement des muscles ciblés par décrochage des ponts d’actines myosine qui les composent. 

    Enfin, un des effets majeurs de l’électrotherapie, en mon sens, et au delà de tout ce qui se passe à l’intérieur de votre muscle durant la stimulation, reste l’action analgesique ; à savoir la diminution de la sensation de douleur que vous pouvez avoir. Là encore, différents principes d’actions existent, et même si vous voulez vraiment épater vos potes a l’apéro, ça va devenir vraiment trop technique. Disons seulement que sur le versant anti-douleur de ces boîtiers, on ne va plus agir sur le muscle lui même mais plutôt sur la conduction des informations douloureuses VS la sensation de contraction-fourmillement induite par les électrodes. L’une (les fourmis) remplaçant l’autre (la douleur) dans la réception des informations au niveau du cerveau, en gardant en tête que l’information tactile ira plus rapidement que le message douloureux. Le message douloureux sera donc bloqué par le message tactile, qui sera prioritaire au péage du cerveau dans l’assimilation des informations. 

    En tant que thérapeute, et plus spécifiquement en tant que kiné, nous sommes souvent décriés au sein de la profession lorsqu’on utilise le combo electro-chaud. Sans juger, ni prôner une quelquonque manière d’exercer, j’avance timidement mon avis sur la manière, qui n’impliquera que moi, je vous invite à garder votre ouverture d’esprit.

    Si vous avez bien suivi mes explications, traiter seulement l’aspect antalgique de la douleur = mettre seulement des électrodes la ou ça fait mal – sans rien faire de plus ni consulter un professionnel compétent, vous allez certes calmer la douleur, mais sans rien réparer en dessous. Des lors, courir sur un muscle « lesé », pas en grande forme mais camouflé par du tens en continu (ou des anti-inflammatoires, mais là je m’égare et Margot va me disputer), vous risquez grandement de vous blesser puisque vous n’avez rien fait pour « réparer » la structure du muscle. 

    Dès lors, c’est bien tout ça, mais du coup on fait quoi ? En tant que thérapeute, je considère que c’est un superbe outil, un complément que j’ajoute volontier en fin de séance, en guise de « cerise sur le gâteau », en échauffement, à visée antalgique lorsque la douleur est trop forte et que je ne peux pas toucher la personne. Quand on ne peut rien faire, que c’est trop tôt, trop douloureux, c’est un outil formidable. En tant que thérapeute, j’aurais tord de m’en priver alors que ça me permet de travailler sur des patients moins douloureux, plus à même d’assimiler les soins ensuites, que ça ne coûte rien, et que ca peut rapporter gros. Ma phrase fétiche ? Au pire ça fait rien, au mieux, ça soulage vraiment. Ça m’a permis de débloquer des situations compliquées, de parfois faire diminuer la consommation médicamenteuse et rompre un cercle vicieux dans lequel les patients peuvent parfois se trouver.

    Concernant mes sportifs, pour la recup, c’est un réel bonus. Encore faut-il savoir l’utiliser, quand, et quel programme ? C’est là toute la subtilité de cet outil. Lisez bien la notice, apportez-le a votre thérapeute, définissez avec lui ce qui marche pour votre recup, au cas par cas, zone par zone. Sans connaissances médicales adaptées, on peut rapidement se perdre dans le champ des possibilités donnés par ces boîtiers.  » 

    Manon Dauvergne ( @mans_dvg sur instagram) – Masseur kinésithérapeute diplôme d’Etat / Kinésithérapie du sport expert / Clinique du coureur 1.0 / Sport femme et perinée – IPPP.

    L’AVIS D’UN MÉDECIN:

    « Tout d’abord, il faut préciser que les thérapies électriques, réalisées par des appareils aux normes CE comme les appareils COMPEX ou les appareils TENS utilisés en médecine ; ont été validées par l’ANAES (ancienne Haute Autorité de Santé) en 1999/2000. Les caractéristiques techniques de ces machines rendent impossibles la survenue d’effets secondaires gravissimes (brûlures, électrocution) dans les conditions normales d’utilisation.

    Pour mon point de vue médical sur ces appareils :

    D’un point de vue technique, les appareils TENS fonctionnent selon deux grands modes d’action (soit une douzaine de programmes) pour des intensités assez variables et des fréquences comprises entre 1 et 100Hz. Les appareils COMPEX, travaillent avec les mêmes gammes d’intensité, selon une trentaine de programmes (mais cela comprend les programmes de stimulation/renforcement) pour des fréquences comprises entre 1 et 150Hz.

    Il est donc licite d’extrapoler les données de la science sur les appareils TENS aux appareils COMPEX, surtout pour ce qui est du traitement de la douleur et de la récupération.

    Pour le mode antalgie, c’est une thérapeutique qui est étudiée depuis presque 20 ans et qui bien que validée par la HAS n’a jamais prouvée son efficacité. En effet, les protocoles d’études nécessitent un test contre placebo pour juger de la réelle efficacité des nouvelles thérapeutiques et cela n’est pas possible pour l’ensemble des thérapies « physiques ». C’est le même problème pour la kinésithérapie ou l’ostéopathie.

    L’expérience nous montre que cela fonctionne et qu’il y a une vraie efficacité mais on ne peut pas le démontrer scientifiquement. Ce genre de dilemme ouvre malheureusement une fenêtre au charlatanisme et aux dérives d’utilisation (mais je m’égare).

    L’utilisation et le travail de recherche autour de l’utilisation de la technologie TENS en « antalgie » se concentre autour de la douleur chronique (> 6mois). Cette fonctionnalité, bien qu’appréciable, ne constitue pas le véritable argument de vente de COMPEX et n’est en général pas envisagé pour ça par la population sportive à laquelle elle s’adresse.

    Pour le mode récupération, une série d’article issue d’une thèse de science de l’Inserm et du Centre d’expertise de la performance réalisée en 2011 montre que la récupération, tout comme la fatigue, est plutôt dépendante du type de tache (musculaire et/ou nerveuse).

    De façon assez contre intuitive, ces articles démontrent l’inutilité de la récupération active (dont l’objectif est l’élimination des métabolites) si la fatigue n’est pas liée à des facteurs métaboliques. Dans le cadre précis d’exercice de renforcement musculaire intense, le temps de repos entre les séries apparaît comme le facteur déterminant de la récupération.

    Cometti C, Deley G, Babault N. Effects of between-set interventions on neuromuscular function during isokinetic maximal concentric contractions of the knee extensors. Journal of Sports Science and Medicine (2011) 10, 624-629.

    Cometti C, Babault N, Martin A, Deley G. Is active recovery distally applied more efficient? (soumis dans l’ European Journal of Applied Physiology).

    Cometti C, Babault N, Martin A, Deley G. Is the efficiency of EMS dependent o the amount of fatigue? (soumis dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports).

    D’autres articles (Da salles et coll 2009 ; Folland et coll. 2002) s’intéressent à la relation positive ou négative entre l’apparition de la fatigue au cours d’une séance et le gain de force musculaire (mais je n’ai pas réussi à trouver les articles en intégralité). De plus, ces articles ne prenaient pas en compte le principe de la récupération active. Le seul composant certains de ces études et l’efficacité de l’électrothérapie sur la baisse tissulaire de lactates, sans comparaison avec ce que pourrait faire la récupération active.

    Il existe de nombreux autres articles mais beaucoup présentent de nombreux biais d’études ou des conflits d’intérêts qui rendent leurs interprétations plus hasardeuses.

    Enfin, pour l’évaluation de l’intérêt d’une électrostimulation pour la prise de masse/renforcement ou amélioration des capacités musculaires ; je n’ai pas trouvé d’articles scientifiques de bonnes qualités donc je vais baser ma critique sur le lien « études scientifiques » proposées en libre accès sur le site de COMPEX.

    Pour toutes ces études, les populations étudiées sont assez faibles, 20-30 personnes. Ce qui n’est pas suffisant pour effectivement démontrer un vrai effet positif ou négatif, on dit qu’elles manquent de puissance. De plus, comme pour toutes les recherches sur l’électrothérapie, les protocoles d’études sont forcément incomplets puisqu’il est impossible d’utiliser un placebo.

    L’intérêt des entraînements mixtes électrothérapie/classique a été testé pour des gymnastes, des footballeurs, des baseballeurs et des nageurs. Outres les biais déjà exposés, les résultats ne sont pris en compte qu’au niveau des performances musculaires isolées mesurées et pas sur la performance globale de la chaine musculaire, et donc sur la performance globale.

    En conclusion, de façon très personnelle : le COMPEX est un appareil digne des appareils professionnels et doivent donc être envisagés en tant que tels.

    Je ne pense pas qu’une utilisation prolongée de cet appareil sans avis médical soit une bonne idée. Entre l’inefficacité possible, le risque de mauvais choix de programme et le retard diagnostic ; c’est un véritable risque à prendre en compte surtout avec des entraînements en temps contraint. En revanche, l’efficacité bien que non prouvée et non prouvable selon la méthode scientifique, est je pense non négligeable pour les grands sportifs, tout du moins pour les programmes de récupération post effort.« 

    Docteur GUICHARD J. Diplôme d’Étude Spécialisée en Médecine Générale.

    Voila, je remercie infiniment Jérémy et Manon pour la qualité et les recherches effectuées pour que mon article soit le plus complet possible. Merci COMPEX pour le SP 6.0 que j’ai pu tester ces derniers mois. En effet, je ressens que ce produit m’aide à mieux récupérer. J’ai cependant demandé de l’aide à mon kiné pour une bonne utilisation et j’ai arrêté de l’utiliser lors de ma blessure car c’était contre indiqué.

    J’espère que cet article vous a plu !

    Sportivement,

    A très vite,

    runamande
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