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    Mon avis, celui d’un kiné et d’un médecin sur la pressothérapie

    J’ai été contacté pour proposer un article, comme celui que j’avais réalisé pour COMPEX, sur LA PRESSOTHÉRAPIE. J’ai donc testé l’appareil de la marque Healing Friends. Je tiens à préciser que je ne suis pas sponsorisée pour parler de ce produit. J’ai accepté car je trouve cela intéressant de vous partager mon expérience ainsi que des avis de professionnels de santé.

    C’est une pressothérapie à 5 cellules. J’ai testé les bottes et le tapis pour le dos. « La pressothérapie intelligente avec massage et étirement du dos. Un concept innovant et très confortable pour le dos avec massage et étirement complet du dos, du bassin aux épaules. »

    Sur la fiche technique ils définissent la pressothérapie ainsi: « Système à 5 chambres de compression séquentielles:

    . Les bottes (ou manchons ou ceinture ou tapis) sont reliées par des tuyaux à l’appareil, qui gère le gonflage et le dégonflage. Les pressions et dépressions successives massent les jambes, les bras ou le dos, améliorant ainsi la circulation sanguine et lymphatique.

    . L’adaptation précise des différents manchons à la morphologie du membre traité procure un massage efficace, comparable à l’action des mains d’un professionnel.

    Applications: . Jambes lourdes. Jambes gonflées. Jambes douloureuses. Mal de dos. Relaxation. Récupération après l’effort. »

    L’utilisation de ce produit a donc eu lieu sur la fin de ma préparation pour l’Ironman de Nice. Même si je l’ai aussi utilisé pour le dos (et ça fait vraiment du bien), j’ai principalement utilisé les bottes car sportivement c’est ce qui m’intéressait le plus. C’est parti !

    Tout d’abord, j’ai utilisé les bottes de préssothérapie pour récupérer suite à des séances d’entrainements importantes. Le massage procuré par les bottes est vraiment agréable, l’appareil est facile à comprendre et à mettre en marche. Je sentais mes jambes moins lourdes après la séance qui pouvaient durer 15min ou 30min selon mon choix.

    J’ai eu la sensation de mieux récupérer et c’est agréable de se sentir bien pour enchainer les entrainements.

    J’ai également utiliser les bottes la veille de mon Ironman sur conseil de ma soeur kinésithérapeute.

    Malheureusement, suite à ma chute sur l’Ironman qui m’a causé des brulures, je n’ai pas pu utiliser les bottes après ma course. Cela était trop douloureux puisque la pression appuyait sur ma peau à vif.

    J’ai donc réutilisé les bottes une fois ma jambe cicatrisée. Je les ai utilisé par exemple en récupération d’un triathlon S et c’est un plaisir d’avoir un massage après compétition !

    Mon expérience est donc totalement positive avec ce produit. Je laisse place maintenant à des avis de professionnels sur le sujet. Le tapis pour le dos est vraiment génial aussi.

    L’AVIS D’UN KINÉSITHÉRAPEUTHE

    La pressothérapie. Aka, l’art de la transformation en Bonhomme Michelin tout potelé une fois que les précieuses bottes sont gonflées.

    Mais qu’est ce que c’est, et à quoi ça sert surtout ?

    C’est une technique non manuelle de soin, qu’on pourrait placer plus ou moins à mi-chemin entre le massage à visée circulatoire et le drainage lymphatique manuel que les kinésithérapeutes pourraient vous prodiguer. L’intérêt, c’est que vous n’avez pas besoin d’un kiné sous la main pour vous soulager. 

    Il faut déjà que vous je vous explique la différence entre un massage et le drainage lymphatique : le massage, plutôt profond (entendez par là « appuyé », il ne s’agit pas d’effleurer la peau) vient agir sur les tissus situés en dessous de la peau, tels que les muscles et les fascias, à visée de détente. On masse généralement des extrémités en remontant jusqu’au buste, car c’est ainsi qu’on facilite le retour veineux – et donc une meilleure élimination des déchets/toxines produits par l’exercice/la pathologie – et donc au final une meilleure récupération.

    Mais le corps, sachez-le, est composé en grande majorité de liquides : les principaux en sont l’eau, le sang et la lymphe. Le système sanguin est composé des systèmes artériels et veineux, qui s’occupent de ramener le sang au cœur. Le système lymphatique quant à lui vient évacuer le surplus des liquides tissulaires et véhicule l’eau, diverses molécules, graisses et cellules, mais surtout les déchets dans les ganglions lymphatiques (qu’on peut assimiler à des décharges locales)

    Le drainage lymphatique manuel diffère des massages classiques car il vient agir sur « le milieu liquide du corps humain », pour reprendre les termes d’un des pionniers du mouvement, Mr VODDER. La technique s’effectue en déplaçant la peau sur le tissu sous-jacent, dans le sens du réseau lymphatique, via des mouvements circulaires, avec une pression digitale qui augmente et diminue progressivement, tel un pompage. La technique vient favoriser le nettoyage, la désintoxication et la décongestion des tissus conjonctifs que sont les muscles et les fascias, et vient remplir les « décharges » ganglionnaires. Après cette techniques, les tissus s’en retrouvent plus souples, moins congestionnées, plus « légers ». 

    Avec cet appareil, on vient s’intéresser aux liquides qui composent le corps, et notamment les membres inférieurs, mais au vu de l’intensité exercée (réglable généralement sur l’appareil), on se rapproche également des effets prodigués par un massage profond, et donc on aura également une action tissulaire. 

    L’effet de pompe va gonfler du pied jusqu’en haut des cuisses (décompression/compression) et active le système lymphatique, améliorant ainsi la circulation sanguine. Cette même action de pompage vient également agir sur les tissus mous que sont les muscles, provoquant ainsi une sensation globale de détente. 

    La pressothérapie vient substituer – et non remplacer – les mains du thérapeute. J’aborderais ici le même point de vue que j’ai eu sur l’électrothérapie : c’est un superbe outil, un réel plus dans la récupération du sportif en bonne santé, et qui souhaite juste à améliorer la qualité de sa récupération. Lorsqu’il y a des pathologies sous-jacentes, il est essentiel d’avoir un point de vue médical pour ne pas aggraver la situation

    En effet, lorsque les décharges sont pleines, il existe des manœuvres spécifiques pour les vidanger et parfaire le soin. Ce que j’explique ici n’est pas à considérer dans les cas d’œdèmes primaires ou secondaires provoqués par une pathologie diverse. On parle ici d’une sportive plus ou moins jeune (bah oui tu prends de l’âge sœurette), en bonne santé, sans contre-indications à cette technique. Aux vues de l’influence sur la circulation sanguine, toute personne ayant eu des antécédents cardiaques se verra susceptible d’être contre-indiquée à cette machine. Par principe, demandez un avis médical si c’est votre cas. 

    Grâce à un savant mélange de constatations cliniques personnelles (je m’offre toujours le luxe de tester ce que je fais à mes patients), de sciences (bien que les études à ce sujet soit TRES limitées) : il ressort que les jambes ressortent bien moins lourdes et le tonus musculaire moindre chez mes patients initialement contracturés. Je crois que le bénéfice de cette technique, comme le massage, se joue sur la perception de la récupération : on se « sent mieux ». Malheureusement, ce n’est pas quelque chose qu’on arrive à prouver scientifiquement parlant, avec tout un tas de statistiques bien passionnants. 

    En soit, le temps passé à profiter de ce soin peut être encore plus potentialisé si on le couple à des exercices de respirations profondes. En effet, vous augmenterez encore plus votre détente musculaire et améliorez l’action de pompage mise en place au niveau des membres inférieurs et perpétuées par votre diaphragme qui monte et descend lors des inspirations et expirations profondes (telle une grosse pompe de vélo). En gros, c’est le moment de faire votre séance de méditation ou de cohérence cardiaque ! 

    Cet avis n’implique que mes convictions personnelles de kinésithérapeute. Confrères et consœurs, je jargonise autant que possible pour que ce contenu soit accessible à tous, cela peut donner lieu à des raccourcis qui font faire les gros yeux, mea culpa !

    N’oubliez jamais que lors d’une blessure, il vaut mieux se faire diagnostiquer correctement, même pour quelque chose qui parait minime, plutôt que s’attaquer à la bobologie maison et passer à côté d’un problème plus grave. Je ne le dirais jamais assez : en cas de doute, consultez votre médecin ou votre kinésithérapeute ! Il vous aiguillera sur la suite. 

    Manon Dauvergne ( @mans_dvg sur instagram) – Masseur kinésithérapeute diplôme d’Etat / Kinésithérapie du sport expert / Clinique du coureur 1.0 / Sport femme et perinée – IPPP.

    L’AVIS D’UN MÉDECIN

    Bonjour à tous,

    cet avis sera moins étoffé que celui du précédent article sur le TENS, les études scientifiques étant quasi inexistantes ou bien avec un échantillon de patients tellement faible que cela rend la généralisation quasi impossible.

    Les rares études de qualité ont été réalisées dans le cadre du traitement de l’œdème survenant dans le cadre des pathologies cancéreuses et ne sont donc pas totalement transposable. De plus, comme avec la technologie COMPEX, les études d’efficacité pure ne sont pas réalisable du fait de l’absence de capacité à comparer à un placebo. On ne peut que se contenter de comparer à des techniques déjà existante et validée par consensus professionnel. Pour des questions de lisibilité, le référencement des articles est à la fin de cette partie.

    Intuitivement, on ne peut effectivement que valider cet appareil, son mode de fonctionnement étant similaire à ce que peux réaliser un kinésithérapeute dans le cadre de protocole déjà accepté. En revanche, comme l’a déjà souligné Manon, la liste de contre indications médicales à l’emploi de cet appareil est assez grande, le travail de massage augmentant de manière assez considérable le retour veineux vers le coeur : un avis médical est plus que préconisé pour toutes les personnes dont l’état de santé sort du cadre du jeune sportif sans pathologie sous jacente ou état inhabituel. 

    A titre d’exemple, je pense que c’est une très mauvaise idée d’utiliser cette appareil en cours de grossesse sans avoir un avis médical sur l’état de son coeur et de sa perfusion placentaire.

    De même, cet appareil travail sur l’accélération ou du moins la facilitation des mouvements des différents fluides. La qualité de l’interface entre les points de pression et les fluides a donc une importance cruciale. Je n’ai pas retrouvé dans les caractéristiques du produit de valeur standard ou les valeurs de référence avec lesquels cette appareil travail. Une peau jeune ? En bon état d’hydratation ? Ce sont des paramètres intéressant à connaître, surtout pour le sportif en fin de course et en phase de récupération. Je trouve cela dommage que ce ne soit pas abordé dans la description produit.

    C’est un petit peu court mais avec les données actuelles de la science et ce qui a déjà été dit plus haut ; il est difficile de rester objectif en en disant plus.

    Pour résumer, je pense que cet appareil n’a pas vraiment sa place chez un sportif débutant: les modalités de mise en œuvre, les indications exactes n’étant pas bien défini ; son utilisation optimale est difficile à obtenir sans avis d’un staff médical/paramédical connaissant le matériel.

    Même si le principe sur lequel il fonctionne est un principe connu et dont l’efficacité est accepté, je pense qu’il est nécessaire de laisser cela aux kinés et aux masseurs formés pour ces appareils.

    En l’état actuel de la science, et avec toutes les réserves énoncées plus haut, cet appareil aurait plutôt une place dans un cabinet de kinésithérapie que dans le nécessaire du sportif.

    Pour ceux que cela intéressent : 

    • « Comparaison of technique for breast cancer related lymphoedema » Feb8, 2017.

    Un essai espagnol qui fait la comparaison pressothérapie / tapping dans le traitement des oedèmes des membres inférieurs. L’étude est encore en cours mais les résultats préliminaires montre une absence de supériorité de la pressothérapie.

    • « A survey of the French speaking association of lymphology on the use of pressotherapy in France during the treatment of lymphoedema » J mal Vasc, Jan1 1990 (Vol15, Num3, 270-6) TITON JP

    La seule étude que j’ai trouvé qui valide une vraie efficacité de la pressothérapie même si souvent en complément d’autres techniques.

    • « Intermittent pneumatic compression in the treatment of lymphoedema : current state of knowledge »European Journal of lymphology and related problems. 2007. BELGRADO

    Le regroupement des études qui fait donc la synthèse des connaissances et qui valident la pressothérapie comme un moyen adjuvant d’une prise en charge globale et multidisciplinaire des oedèmes des membres inférieurs. Il n’y a aucun consensus sur la fréquence, la durée et le niveau de pression nécessaire pour obtenir une vraie efficacité.

    Docteur GUICHARD J. Diplôme d’Étude Spécialisée en Médecine Générale.

    En conclusion, je pense donc que si vous voulez vous procurer des bottes de pressothérapie, il faut TOUJOURS demander l’avis de votre médecin et de votre kiné. Il y a plusieurs contre indications qui ne sont pas à négliger.

    Le produit est en vente sur les sites internet suivants:

    CAPMED Boutique 

    HELYTIS 

    DREXCO 

    Je remercie Jérémy et Manon pour la qualité et les recherches effectuées afin que mon article soit interessant et de qualité. Merci Wepp Epione pour le prêt de l’appareil à Pressothérapie.

    J’espère que cet article vous a plu !

    Sportivement, 

    A très vite,

    runamande
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    SPORTS

    MON AVIS, CELUI D’UN KINÉ ET D’UN MÉDECIN SUR COMPEX


    La marque m’a proposé de tester (sans être sponsorisée) un de leur produit. J’ai accepté car je les voyais beaucoup sur les réseaux et j’étais très curieuse.

    L’utilisation lors de ma préparation pour l’Ironman de Nice pouvait être un très bon test sur du long terme. J’ai la chance d’être entourée de professionnels de santé compétents pour m’aider à vous faire un retour interessant de ce produit. C’est parti !

    J’ai choisi de tester l’appareil COMPEX SP 6.0.

    « Faut il les mettre à chaque entrainement ? »

    Personnellement, je ne les mettais pas après chaque entrainement mais plutôt après de grosses séances. Les footings de récupération, je ne sentais pas le besoin de rajouter du compex ensuite.

    « Que penses tu de l’utilisation de Compex pour développer la masse musculaire ? »

    Je te laisse lire les avis des professionnels de santé juste en dessous, je n’ai pas utilisé COMPEX dans ce but là 🙂.

    « Est ce que c’est révolutionnaire/indispensable Compex pour toi ? »

    J’ai ressenti un effet positif pour ma récupération. Par contre je ne pense pas que ce soit indispensable, c’est un plus !

    « Tu utilises Compex au feeling ou tu suis un programme spécifique ? »

    J’utilise COMPEX au feeling mais pour bien le placer j’utilisais le livret fourni avec l’appareil et demandait des conseils à mon kiné.

    L’AVIS D’UN KINÉSITHÉRAPEUTHE

    « De mon point de vue, il n’y a pas de bons ou mauvais outils, surtout une bonne et mauvaise manière de les utiliser. 

    Mais déjà cest quoi « l’électrotherapie ? » 

    Pour faire « simple » – et que vous puissez un peu étaler vos connaissances au prochain apéro – c’est un courant excito-moteur alternatif qui stimule la contraction des muscles. Grâce à un petit appareil, des points spécifiques du corps sont stimulés, et pour 2 champs d’applications. 

    D’une part; sur un versant que l’on appellera de stimulation, à visée de renforcement musculaire. L’autre, à visée de récupération ou purement antalgique afin de diminuer la douleur d’une zone donnée. 

    Concernant Margot et sa prépa, l’utilisation de ce boîtier était majoritairement à visée de récupération, notemment sur les grosses séances ; et lors de pépins techniques, plutôt à visée thérapeutique (j’entend par la dans un but de faciliter-favoriser la « guérison » du muscle lésé et de diminuer la douleur induite par la blessure). 

    D’un point de vue scientifique, la stimulation induite favorise d’une part le retour veineux par alternance de contraction et de relâchement du muscles, donnant un effet de « pompe musculaire », permettant alors une meilleure élimination des métabolites. Le second effet recherché est le phénomène de capillarisation (les capillaires sont les petits vaisseaux qui traversent tous les muscles, de la superficie a la profondeur), leur activation permet une amélioration la micro circulation au sein du muscle, et donc une meilleure récupération de celui-ci. Un des derniers effets consiste à un relâchement des muscles ciblés par décrochage des ponts d’actines myosine qui les composent. 

    Enfin, un des effets majeurs de l’électrotherapie, en mon sens, et au delà de tout ce qui se passe à l’intérieur de votre muscle durant la stimulation, reste l’action analgesique ; à savoir la diminution de la sensation de douleur que vous pouvez avoir. Là encore, différents principes d’actions existent, et même si vous voulez vraiment épater vos potes a l’apéro, ça va devenir vraiment trop technique. Disons seulement que sur le versant anti-douleur de ces boîtiers, on ne va plus agir sur le muscle lui même mais plutôt sur la conduction des informations douloureuses VS la sensation de contraction-fourmillement induite par les électrodes. L’une (les fourmis) remplaçant l’autre (la douleur) dans la réception des informations au niveau du cerveau, en gardant en tête que l’information tactile ira plus rapidement que le message douloureux. Le message douloureux sera donc bloqué par le message tactile, qui sera prioritaire au péage du cerveau dans l’assimilation des informations. 

    En tant que thérapeute, et plus spécifiquement en tant que kiné, nous sommes souvent décriés au sein de la profession lorsqu’on utilise le combo electro-chaud. Sans juger, ni prôner une quelquonque manière d’exercer, j’avance timidement mon avis sur la manière, qui n’impliquera que moi, je vous invite à garder votre ouverture d’esprit.

    Si vous avez bien suivi mes explications, traiter seulement l’aspect antalgique de la douleur = mettre seulement des électrodes la ou ça fait mal – sans rien faire de plus ni consulter un professionnel compétent, vous allez certes calmer la douleur, mais sans rien réparer en dessous. Des lors, courir sur un muscle « lesé », pas en grande forme mais camouflé par du tens en continu (ou des anti-inflammatoires, mais là je m’égare et Margot va me disputer), vous risquez grandement de vous blesser puisque vous n’avez rien fait pour « réparer » la structure du muscle. 

    Dès lors, c’est bien tout ça, mais du coup on fait quoi ? En tant que thérapeute, je considère que c’est un superbe outil, un complément que j’ajoute volontier en fin de séance, en guise de « cerise sur le gâteau », en échauffement, à visée antalgique lorsque la douleur est trop forte et que je ne peux pas toucher la personne. Quand on ne peut rien faire, que c’est trop tôt, trop douloureux, c’est un outil formidable. En tant que thérapeute, j’aurais tord de m’en priver alors que ça me permet de travailler sur des patients moins douloureux, plus à même d’assimiler les soins ensuites, que ça ne coûte rien, et que ca peut rapporter gros. Ma phrase fétiche ? Au pire ça fait rien, au mieux, ça soulage vraiment. Ça m’a permis de débloquer des situations compliquées, de parfois faire diminuer la consommation médicamenteuse et rompre un cercle vicieux dans lequel les patients peuvent parfois se trouver.

    Concernant mes sportifs, pour la recup, c’est un réel bonus. Encore faut-il savoir l’utiliser, quand, et quel programme ? C’est là toute la subtilité de cet outil. Lisez bien la notice, apportez-le a votre thérapeute, définissez avec lui ce qui marche pour votre recup, au cas par cas, zone par zone. Sans connaissances médicales adaptées, on peut rapidement se perdre dans le champ des possibilités donnés par ces boîtiers.  » 

    Manon Dauvergne ( @mans_dvg sur instagram) – Masseur kinésithérapeute diplôme d’Etat / Kinésithérapie du sport expert / Clinique du coureur 1.0 / Sport femme et perinée – IPPP.

    L’AVIS D’UN MÉDECIN:

    « Tout d’abord, il faut préciser que les thérapies électriques, réalisées par des appareils aux normes CE comme les appareils COMPEX ou les appareils TENS utilisés en médecine ; ont été validées par l’ANAES (ancienne Haute Autorité de Santé) en 1999/2000. Les caractéristiques techniques de ces machines rendent impossibles la survenue d’effets secondaires gravissimes (brûlures, électrocution) dans les conditions normales d’utilisation.

    Pour mon point de vue médical sur ces appareils :

    D’un point de vue technique, les appareils TENS fonctionnent selon deux grands modes d’action (soit une douzaine de programmes) pour des intensités assez variables et des fréquences comprises entre 1 et 100Hz. Les appareils COMPEX, travaillent avec les mêmes gammes d’intensité, selon une trentaine de programmes (mais cela comprend les programmes de stimulation/renforcement) pour des fréquences comprises entre 1 et 150Hz.

    Il est donc licite d’extrapoler les données de la science sur les appareils TENS aux appareils COMPEX, surtout pour ce qui est du traitement de la douleur et de la récupération.

    Pour le mode antalgie, c’est une thérapeutique qui est étudiée depuis presque 20 ans et qui bien que validée par la HAS n’a jamais prouvée son efficacité. En effet, les protocoles d’études nécessitent un test contre placebo pour juger de la réelle efficacité des nouvelles thérapeutiques et cela n’est pas possible pour l’ensemble des thérapies « physiques ». C’est le même problème pour la kinésithérapie ou l’ostéopathie.

    L’expérience nous montre que cela fonctionne et qu’il y a une vraie efficacité mais on ne peut pas le démontrer scientifiquement. Ce genre de dilemme ouvre malheureusement une fenêtre au charlatanisme et aux dérives d’utilisation (mais je m’égare).

    L’utilisation et le travail de recherche autour de l’utilisation de la technologie TENS en « antalgie » se concentre autour de la douleur chronique (> 6mois). Cette fonctionnalité, bien qu’appréciable, ne constitue pas le véritable argument de vente de COMPEX et n’est en général pas envisagé pour ça par la population sportive à laquelle elle s’adresse.

    Pour le mode récupération, une série d’article issue d’une thèse de science de l’Inserm et du Centre d’expertise de la performance réalisée en 2011 montre que la récupération, tout comme la fatigue, est plutôt dépendante du type de tache (musculaire et/ou nerveuse).

    De façon assez contre intuitive, ces articles démontrent l’inutilité de la récupération active (dont l’objectif est l’élimination des métabolites) si la fatigue n’est pas liée à des facteurs métaboliques. Dans le cadre précis d’exercice de renforcement musculaire intense, le temps de repos entre les séries apparaît comme le facteur déterminant de la récupération.

    Cometti C, Deley G, Babault N. Effects of between-set interventions on neuromuscular function during isokinetic maximal concentric contractions of the knee extensors. Journal of Sports Science and Medicine (2011) 10, 624-629.

    Cometti C, Babault N, Martin A, Deley G. Is active recovery distally applied more efficient? (soumis dans l’ European Journal of Applied Physiology).

    Cometti C, Babault N, Martin A, Deley G. Is the efficiency of EMS dependent o the amount of fatigue? (soumis dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports).

    D’autres articles (Da salles et coll 2009 ; Folland et coll. 2002) s’intéressent à la relation positive ou négative entre l’apparition de la fatigue au cours d’une séance et le gain de force musculaire (mais je n’ai pas réussi à trouver les articles en intégralité). De plus, ces articles ne prenaient pas en compte le principe de la récupération active. Le seul composant certains de ces études et l’efficacité de l’électrothérapie sur la baisse tissulaire de lactates, sans comparaison avec ce que pourrait faire la récupération active.

    Il existe de nombreux autres articles mais beaucoup présentent de nombreux biais d’études ou des conflits d’intérêts qui rendent leurs interprétations plus hasardeuses.

    Enfin, pour l’évaluation de l’intérêt d’une électrostimulation pour la prise de masse/renforcement ou amélioration des capacités musculaires ; je n’ai pas trouvé d’articles scientifiques de bonnes qualités donc je vais baser ma critique sur le lien « études scientifiques » proposées en libre accès sur le site de COMPEX.

    Pour toutes ces études, les populations étudiées sont assez faibles, 20-30 personnes. Ce qui n’est pas suffisant pour effectivement démontrer un vrai effet positif ou négatif, on dit qu’elles manquent de puissance. De plus, comme pour toutes les recherches sur l’électrothérapie, les protocoles d’études sont forcément incomplets puisqu’il est impossible d’utiliser un placebo.

    L’intérêt des entraînements mixtes électrothérapie/classique a été testé pour des gymnastes, des footballeurs, des baseballeurs et des nageurs. Outres les biais déjà exposés, les résultats ne sont pris en compte qu’au niveau des performances musculaires isolées mesurées et pas sur la performance globale de la chaine musculaire, et donc sur la performance globale.

    En conclusion, de façon très personnelle : le COMPEX est un appareil digne des appareils professionnels et doivent donc être envisagés en tant que tels.

    Je ne pense pas qu’une utilisation prolongée de cet appareil sans avis médical soit une bonne idée. Entre l’inefficacité possible, le risque de mauvais choix de programme et le retard diagnostic ; c’est un véritable risque à prendre en compte surtout avec des entraînements en temps contraint. En revanche, l’efficacité bien que non prouvée et non prouvable selon la méthode scientifique, est je pense non négligeable pour les grands sportifs, tout du moins pour les programmes de récupération post effort.« 

    Docteur GUICHARD J. Diplôme d’Étude Spécialisée en Médecine Générale.

    Voila, je remercie infiniment Jérémy et Manon pour la qualité et les recherches effectuées pour que mon article soit le plus complet possible. Merci COMPEX pour le SP 6.0 que j’ai pu tester ces derniers mois. En effet, je ressens que ce produit m’aide à mieux récupérer. J’ai cependant demandé de l’aide à mon kiné pour une bonne utilisation et j’ai arrêté de l’utiliser lors de ma blessure car c’était contre indiqué.

    J’espère que cet article vous a plu !

    Sportivement,

    A très vite,

    runamande
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